Cuchaule fribourgeoise




Drôle de nom, hein...

La cuchaule est une brioche au safran, qui se déguste normalement avec de la moutarde de Bénichon. Ou seule d'ailleurs, c'est très bon. Mais je n'aime pas beaucoup la moutarde de Bénichon (mes excuses, amis suisses, je suis Française, pour moi, la moutarde, c'est de Dijon ou ça n'est pas :-) ).
Pour la petite histoire et ceux que ça intéresse, voilà un lien sur le site du Patrimoine culinaire suisse où sont expliquées les origines de la cuchaule.

Il y a quelques semaines, j'ai eu l'occasion de goûter une cuchaule agrémentée de noisettes et de lardons, achetée à la boulangerie Eric Emery de la Rue de Moillebeau à Genève. Un pur délice (petit coup de pub pour cette boulangerie: les sandwiches y sont excellents, variés, tout comme les pains, et le personnel est très sympa). 
Heureux hasard, en feuilletant le livre Cuisine suisse de Betty Bossi (les livres de Betty Bossi... eux aussi font partie du patrimoine suisse!), je tombe sur la recette de la cuchaule nature (et de la moutarde de Bénichon accessoirement, mais rien ne m'obligeait à la faire, cette moutarde). Pourquoi ne pas essayer de reproduire la recette de la boulangerie? C'est parti.
La recette qui suit s'appuie sur la recette de la cuchaule nature du livre de Betty Bossi; j'ai coupé la pâte en deux pour en faire deux pâtons (la brioche est sinon trop grosse et une cuisson homogène est difficile à obtenir), et j'y ai ajouté des lardons et des noisettes en garniture.

Pour 2 cuchaules:

500g de farine
1 1/2 cuil. à café de sel
70 g de sucre (c'est assez sucré, selon les goûts on peut aussi mettre moins de sucre ou même le supprimer)
1/2 cube de levure émiettée


Mettre tous ces ingrédients dans le bol du robot pâtissier, ou dans un saladier si vous pétrissez à la main.


1 dl de lait
1 dl d'eau
40 g de beurre
1 pointe de couteau de safran (ou une dosette Ducros)

Chauffer ces ingrédients dans une casserole sur feu doux en remuant jusqu'à ce que le beurre soit fondu.

Y ajouter 1/2 dl de crème fleurette.

Ajouter 1 œuf battu, mélanger, puis pétrir au robot (utiliser le crochet) ou à la main quelques minutes. Ajouter 50 g de noisettes grossièrement hachées au couteau et 250 g de poitrine fumée coupée en tout petits morceaux et blanchis quelques minutes à l'eau bouillante. Si vous préférez, il est peut-être possible de remplacer la poitrine fumée par des grattons de canard. Ou par rien, ça vous fera une cuchaule aux noisettes! Continuer à pétrir jusqu'à obtention d'une pâte souple et lisse, qui ne colle plus.

avant...


Laisser pousser la pâte à couvert environ 2 heures, elle doit doubler de volume. Attention aux courants d'air!

... après


Puis façonner les brioches: la recette de Betty Bossi préconise de façonner un seul pain. Résultat, je me suis retrouvée avec une énorme brioche difficile à cuire à coeur. Donc, coupez la pâte en deux et former deux boules, ou deux demi-cercles (attention si vous choisissez cette forme, elle va encore gonfler à la 2e levée et à la cuisson et votre demi cercle qui bien de se transformer en boule avec un trait au milieu, les deux extrémités s'étant peut-être rejointe). Restons safe, faisons des boules.
Déposez vos brioches sur une plaque recouverte de papier cuisson (ne les serrez pas trop). Le mieux c'est de procéder à deux cuissons, une par brioche. Badigeonner vos brioches avec 1 oeuf battu, faites des entailles en croisillons si vous le souhaitez.



Laisser encore lever 15 minutes à couvert sous un saladier retourné.

Enfourner 25 minutes à 220°C chaleur statique. La cuchaule doit être bien brune. Si l'on estime que c'est trop brûni, recouvrir d'une feuille d'aluminium.  
Elle est prête quand ça sonne creux en tapotant dessous.

Et voilà!




Mes amis suisses, votre patrimoine culinaire contient de vraies pépites! 


Les Leckerlis de Bâle




Aber was ist das?

Das ist une spécialité de mes voisins, pas mes voisins de palier, Genève, mais les voisins de loin, Bâle.

Une spécialité dont je pensais ne pouvoir profiter que lorsque j'allais faire du shopping au centre commercial de Balexert, avec détour obligatoire par le Läckerli Huus.

Jusqu'à ce que je tombe sur la recette de Christophe Felder dans son livre Pâtisserie.

Sceptique, la Véro. Des leckerlis maison? Ouais, ça doit pas casser 3 pattes à un canard quand même. Mais essayons tout de même pour voir...

Et là... j'avais l'impression d'avoir découvert la recette secrète du Coca-Cola.

Bon, on va commencer parce que c'est pas très rapide non plus.

Il faut même s'y prendre... une semaine à l'avance!

Donc, une semaine avant le thé avec belle-maman, vous mélangez dans un saladier tout ça:
200 g de farine
50 g de farine complète
1 cuil. à café de cannelle 
1 cuil. à café de quatre-épices
...
sur lequel vous versez
250 g de miel de sapin ou de miel de forêt, un miel bien corsé.

Vous mélangez le tout, vous couvrez d'un torchon propre et vous laisser reposer le tout... une semaine.
Oui Madame, une semaine. Je vous entends depuis là... Quoi???!!! Une semaine???!!! Mais c'est dégoutant!!! Et les bactéries alors???!!! Beurk!!!
Si vous le désirez, une petite goutte de Sanytol et on en parle plus.
Non mais sans blague, c'est pas bien grave, et puis qui s'y connait un peu en aromathérapie sait bien que la cannelle, c'est un puissant antiseptique/antisceptique.

Bien. Pour ceux qui ont eu le courage d'aller jusque-là, bienvenue. Voilà une semaine que vous soulevez tous les jours le torchon pour aller voir ce qui se passe dessous. Mais il ne se passe rien. Voilà donc venu le moment d'ajouter à cette pâte devenue dure comme de la pierre le reste des ingrédients, que voici:
50 g de noisettes en poudre (Christophe Felder utilise lui des noisettes entières qu'il hache. Mais bon, il faut pas être plus royaliste que le roi, moi mon métier c'est traductrice, hein. Je dis ça mais faute de noisettes en poudre lorsque j'ai refait la recette pour les photos, j'ai bien dû en hacher 50g!).
50 g d'écorces de citrons confits
50 g d'écorces d'orange confits 
(si c'est l'époque de Noël, les vendeurs de fruits confits pullulent dans les centres commerciaux; sinon, des fruits confits du commerce font l'affaire, style Vahiné; les écorces d'orange sont plus faciles à trouver que les écorces de citron, il m'est arrivé de mettre que 100 g d'écorces d'orange)
1 cuil. à café de levure chimique (Christophe Felder utilise 1/2 cuil. à café de bicarbonate d'ammonium et 1/2 cuil. à café de bicarbonate de potassium. Mais j'ai un peu la flemme d'aller jusqu'au bout du détail des fois...)
1 jaune d'oeuf
1 cuil. à soupe de kirsch

Là, mangez une boîte d'épinard et couper la pâte de base en petits morceaux, que vous pouvez mettre dans le bol du robot pâtissier si vous en avez un. Ajouter les noisettes en poudre. Mélanger la levure au jaune d'oeuf et au kirsch (ça mousse direct) et verser dans le bol. Travailler au robot (ça doit pouvoir aussi marcher avec les crochets d'un batteur), ou à la main, suivant si vous avez mangé les épinards avant ou pas. Ajouter les fruits confits coupés en morceaux, continuer à mélanger un peu.
Arrêter quand vous n'en pouvez plus. Faire une boule avec la pâte et la mettre au frigo quelques minutes.



Pour l'étendre: ça colle! N'hésitez pas à beaucoup fariner le plan de travail. Pour étaler la boule au rouleau, je vous conseiller d'utiliser 2 morceaux de papier sulfurisé.



Étaler sur 1/2 cm, peu importe la forme de votre pâte, elle sera coupée en petits morceaux!



La déposer sur la plaque de cuisson beurrée et farinée, ou, plus simplement, retirer le papier sulfurisé du dessus et déposer la pâte sur une plaque à pâtisser, toujours sur son papier sulfurisé.

Cuire environ 15 min à 170°C.

Pendant ce temps mélanger

30 g de kirsch, 
200g de sucre glace
2 cuil. à soupe d'eau 


Il s'agit du glaçage, qu'on passera au pinceau sur les leckerlis dès leur sortie du four.

En fait, ce sont les quantités indiquées par Christophe Felder. J'en ai fait 4 fois moins et ça suffit.

Quand il est cuit, poser le biscuit, toujours son papier sulfurisé, sur une planche à découper.


Découper en petits rectangles avant que la pâte ne durcisse.


Les déposer sur une grille pour les faire refroidir.




On peut garder les leckerlis très longtemps dans une boîte en fer. Si on y arrive.




Merci qui? Merci Christophe.